Comment mettre en place un tel revenu ?

Bien sûr, sous un gouvernement de droite comme celui de Macron, instaurer un revenu étudiant ne se fera pas du jour au lendemain. En juin 2020, alors que la crise du Covid-19 a agravé les conditions de vie de milliers d’étudiant·e·s, les député·e·s communistes ont relancé le débat du revenu étudiant, autour d’une proposition de résolution qui a été rejeté par la majorité de droite de l’Assemblée nationale.

« Notre proposition pour la création d’un revenu étudiant est à la fois un plan extrêmement sérieux pour sortir les étudiants de la précarité, mais également une véritable promesse d’émancipation. » – Elsa Faucillon

Il donc est impératif de vaincre Macron, et dans le même mouvement la droite et l’extrême droite, pour que les frange de la population qui luttent pour l’émancipation, l’égalité et la justice se saisissent du pouvoir et s’en servent pour instaurer de telles mesures de changement social. Mais il est possible dès aujourd’hui, par divers chemins, d’avancer en direction d’une reconnaissance des études et d’une juste rémunération du travail étudiant.

Par exemple, les bourses telles qu’elles existent aujourd’hui répondent à une logique de charité et ne suffisent pas à subvenir aux besoins des étudiant·e·s. C’est parce que nous travaillons que nous devons être rémunéré·e·s, pas parce que nous sommes pauvres. Cependant, on peut imaginer augmenter les bourses quantitativement et qualitativement jusqu’à ce qu’elles changent de nature : en les élargissant à tou·te·s les étudiant·e·s, en augmentant leur valeur jusqu’au SMIC minimum, en établissant de nouveaux critères liés au niveau de qualification des étudiant·e·s et au coût de la vie, en faisant basculer le financement sur le système de cotisations sociales.

Une autre avancée stratégique est l’augmentation des gratifications de stages, d’internats et d’externats, jusqu’à les transformer en réels salaires au SMIC horaire, à l’image de la mobilisation du collectif dCUTE au Québec. Contrairement au revenu étudiant qui ne serait financé que par les cotisations sociales, ce serait aux entreprises de financer directement ce salaire, afin qu’aucun profit ne soit fait sur le dos des étudiant·e·s. Des quotas minimum et maximum de stagiaires par structure d’accueil doivent également être établis pour limiter tout abus. Ce salaire qui rémunère le travail des étudiant·e·s pourrait alors être étendu à toute la formation, sous forme de revenu étudiant, financé par les cotisations sociales.