Un revenu étudiant, c’est possible ?

Le revenu étudiant est une revendication historique des étudiant·e·s communistes et de l’UEC. Elle a évolué plusieurs fois au cours du temps. Salaire étudiant, allocation d’études, présalaire : depuis les débats parlementaires de 1951, où l’Assemblée nationale faillit adopter un salaire étudiant, jusqu’à aujourd’hui, la question de reconnaître le travail étudiant au travers d’une rémunération à hauteur minimale du SMIC est plus que jamais d’actualité.

Comme depuis la naissance de cette revendication, le revenu étudiant est porteur d’un fort contenu d’émancipation humaine. Un de ses principes essentiels est son financement par les cotisations sociales. Il s’agirait de créer une branche Formation de la Sécurité sociale pour que, de la même manière que les travailleur·se·s ont droit à une retraite après leur carrière, les étudiant·e·s soient protégé·e·s avant de rentrer dans le monde du travail. L’argent mobilisé pour financer ce revenu étudiant serait donc une part supplémentaire de la richesse produite par les travailleur·se·s de notre pays qui serait mise en commun dans une caisse gérée par elles et eux. Aujourd’hui, c’est une somme accaparée par le patronat, sous forme de profits qui ne bénéficient à personne d’autre qu’eux-mêmes. Plutôt que de continuer à enrichir ces parasites, notre société peut décider d’utiliser cet argent de manière utile pour l’humanité et pour l’avenir.

Financer un tel revenu étudiant est tout à fait possible. En effet, un tel dispositif coûterait environ vingt milliards d’euros à son lancement. Cette somme est accessible. Par exemple, en supprimant les exonérations de cotisations sociales qui représentent 66 milliards d’euros de pertes en 2019. La rémunération égale des femmes et des hommes permettrait également d’augmenter de 24,4 milliards d’euros des cotisations sociales. Enfin, la taxation des prélèvements financiers au même taux que les cotisations patronales permettrait d’apporter 100 milliards d’euros immédiatement à la sécurité sociale. Enfin, une fois le revenu étudiant lancé, le dispositif s’auto-alimenterait en grande partie grâce aux cotisations des étudiant·e·s et des travailleurs·se·s.